Le e-feuilleton LES SUPPLIANTES est un roman qui raconte l'histoire de trois femmes à la croisée des chemins. Il est publié chaque semaine sous forme de courts chapitres. Si vous ne voulez pas manquer d'épisodes, n'hésitez pas à vous abonner en vous inscrivant dans la rubrique « Pour s'abonner ». C'est gratuit et vous pouvez vous désabonner à tout moment. Pour celles et ceux qui voudraient lire les épisodes précédents, consultez la rubrique « Les Suppliantes ».

Épisode 11 : Mon père

Anne-Marie vient de raconter à Germain sa dernière conversation avec Maya. Elle en a été tellement malade qu’elle s’est retrouvée inconsciente dans un bar la soirée même. Maintenant, elle est assise en face de Germain qui l’incite à parler.


Bronze de Dante Alighieri dans le Bois-de-Ville à Budapest

Anne-Marie semble épuisée par les efforts qu’elle vient de fournir après avoir narré à Germain sa rencontre avec Maya. Quand elle cesse enfin de parler, son corps et sa tête sont penchés en avant et elle se cache le visage entre les mains. Le silence se prolonge encore longtemps. Germain tend toujours l’oreille sans dire un mot. Il attend qu’Anne-Marie continue. Il sait que malgré son flot de paroles, elle n’a encore rien dit. Elle doit descendre jusqu’au fond, seule façon de reprendre pied. Anne-Marie finit par redire en chuchotant presque.

— Maya la sorcière, oui…

— Pourquoi l’appeler comme ça ?

— Elle a lu dans mon âme…

— Vous voulez dire qu’elle a vu quelque chose en vous… que vous ne vouliez pas voir ?

Anne-Marie lève les yeux sur Germain avec étonnement, comme si elle le voyait pour la première fois. Le grand colosse est assis là, en face d’elle, calme, rassurant. Il n’a pas les mêmes yeux qu’autrefois, pense-t-elle. Peut-être parce qu’elle ne les avait jamais regardés auparavant. Elle en voit la couleur pour la première fois. Ils sont gris, comme l’océan du large. Pas de la couleur de ces eaux dans lequel elle est plongée. Non ! Plutôt de la couleur de la surface, celle qui nous donne le goût des horizons infinis.

— Ouais ! Je pense que… je pense que c’est ça.

—… et vous savez c’est quoi ?

Anne-Marie hoche la tête pour approuver. Elle continue à descendre dans l’abîme. Elle tombe, tombe, sans battre des bras, sans tenter de se retenir, sans s’agiter. Elle descend et elle en est effrayée. Effrayée de ce qu’elle va trouver, là, tout au fond… s’il y a un fond. Ses yeux se remplissent de larmes maintenant, mais elle ne pleure toujours pas. Germain lui dit :

— Vous avez pensé à votre père ?

Encore une fois, Anne-Marie regarde Germain avec étonnement. Elle qui se croyait si perspicace, comment a-t-elle pu passer à côté d’un tel homme, se dit-elle. Pourtant, elle en connaît trop bien la raison. Il y a longtemps qu’elle ne voit plus les êtres humains tels qu’ils sont vraiment. Ils étaient devenus avec le temps des obstacles ou des boulets, bref, des étrangers. Elle n’avait plus de contact avec personne, ne se laissait plus touchée par personne. Pourtant, elle le savait profondément, ce n’était pas sa nature. Petite fille déjà, elle savait s’émouvoir, se laisser envahir par la compassion pour les autres. Elle était faite pour aider, pour donner, pour aimer. Au lieu de cela…

— Oui… Elle a vu clair… la sorcière. Mon père… c’était… Je l’aimais beaucoup… Beaucoup. Vous savez qu’il m’a élevée tout seul. Ma mère est morte j’avais six ans. J’étais son seul enfant. Quand ma mère est morte, il était totalement désemparé. Il s’est mis à boire à ce moment-là.

Anne-Marie regarde Germain qui attend toujours qu’elle continue. Elle croit percevoir chez lui une question qu’il n’a probablement jamais envisagée et que, s’il l’avait considérée, ne l’aurait de toute façon jamais formulée.

— Non Germain… ce n’est pas ce que tu croies. Quand on pense à la boisson chez un homme, à plus forte raison un père, on pense toujours au pire. Non. Il ne s’est jamais déplacé en ma présence. Jamais… Oh non ! Jamais ! … Ce serait plutôt le contraire.

Anne-Marie revoit son père assis dans son fauteuil préféré avec un verre de Whiskey à la main devant la télé ouverte qu’il ne regardait pas. Il avait l’air tellement triste, tellement triste. Elle aurait eu envie de le prendre dans ses petits bras et de le consoler. Mais il était si froid, si distant avec elle. Il avait perdu le grand amour de sa vie et rien ne pouvait le consoler. Et certainement pas sa fille qui lui rappelait tous les jours ce qu’il avait perdu.

— Il ne s’est jamais remarié à cause de moi. Il avait fait la promesse à ma mère sur son lit de mort de s’occuper de moi. Et il l’a fait… … Dieu sait qu’il l’a fait…

— Il devait t’aimer énormément.

— En tout cas, je l’ai longtemps cru même si c’était pas toujours évident à le voir. Moi je l’adorais. Il m’a initié au baseball. J’étais devenue très bonne, tu sais… On allait voir des films ensemble et on riait. On riait. Peux-tu croire ça ? Il m’a emmené dans les parades de policiers. Je me sentais bien alors… je me sentais bien… dans ce temps-là.

— Puis, vous avez grandi…

— Oui… C’est ça… J’ai grandi… et il est devenu très… protecteur… très exigeant. Trop. Il a pris en main mon éducation, comme il le disait. Il m’a poussée, poussée… Ce que j’en ai fait des exercices, des push-ups, et tout le reste ! Puis, il a voulu que j’entre dans la police, que je suive ses traces. Il ne m’a pas lâché. Il m’a fait étudier encore plus fort. Il voulait que je devienne la meilleure. Et moi… et bien moi…

Anne-Marie s’est arrêtée, presque à bout de souffle. Des larmes commencent à couler sur ses joues. Anne-Marie les essuie du revers de la main. Germain tire un mouchoir propre de sa poche et le lui tend. Elle le prend avec un timide « merci ».

— Et bien moi… je l’aimais… tu comprends Germain. J’adorais cet homme. Il était tout pour moi. Je voulais qu’il soit fier de moi. Et je travaillais plus… encore plus… toujours plus… Si je me souviens bien, c’est à peu près à cette période que j’ai commencé à boire vraiment. Je devais avoir 16 ou 17 ans.

Anne-Marie se rappelle avec douleur cette période de sa vie. Elle partait à la dérive tout en maintenant une façade de jeune fille studieuse et appliquée. Elle s’est progressivement éloignée de son groupe d’amis, s’est mise à fréquenter des mauvais garçons. Or les souvenirs qui lui restent de cette période sont peu nombreux. C’est à peu près à ce moment-là qu’elle est entrée dans sa caverne sombre et humide, à ce moment-là qu’elle a vu pour la première fois ses démons aux yeux rouges. Menaçants. Effrayants. Malgré les efforts qu’elle faisait pour en sortir, elle n’y arrivait pas. Elle ne réussissait à voir la lumière qu’après plusieurs verres de cognac. Parfois elle pouvait passer des heures dans sa chambre, roulée en boule en attendant que ça passe.

Et son père ne lui a jamais été d’aucune utilité pendant ces périodes. Le seul en qui elle avait vraiment confiance n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle vivait. Elle a dès lors commencé à lui en vouloir et maintenant elle est furieuse après lui. La colère la ronge.

— Il voulait contrôler ma vie… et il l’a fait. Et je me suis laissé faire. Comme une dinde, je me suis laissé faire.

— Aviez-vous vraiment le choix, Anne-Marie ?

— Je n’avais que lui. Même mes copains n’arrivaient pas à le satisfaire. Le seul qu’il a trouvé acceptable, je l’ai marié.

— Ah ! Vous êtes mariée ?

— Non. Non je ne le suis plus depuis longtemps. Je me suis rapidement rendu compte que Jean-Marc était le choix de mon père, pas le mien. Il fallait voir mon père faire le beau à mon bras à l’église. Il tenait à ce que nous nous marrions à l’église, moi qui n’est pas croyante. Tu vois le genre ! Et moi, ben j’ai accepté tout ça. Mais inconsciemment, je le détestais déjà… j’ai détesté mon père de me faire subir ça.

Des larmes se sont remises à couler sur les joues d’Anne-Marie. Elle avait mis derrière elle depuis longtemps cet autre épisode pénible de sa vie. Jean-Marc n’était pas un mauvais garçon, mais il n’avait jamais rien compris à Anne-Marie. Il voulait un petite vie rangée, traditionnelle, où son épouse l’aurait bichonné. Anne-Marie était ailleurs. Ambitieuse, déterminée, voulant à tout prix réussir. Elle se fichait royalement des goûts et des intérêts de cet homme à côté d’elle qui n’était rien de plus qu’un étranger. Un autre.

— Mais je ne pouvais pas détester mon père. Tu comprends Germain, je ne pouvais pas.

— Oui, je comprends.

— Le mariage n’a duré qu’un an. Je lui ai fait tant de peine. Oh, il ne m’en a pas voulu. Il s’est vraiment forcé pour que rien ne paraisse… Mais moi, je savais bien qu’il avait de la peine. Tu comprends Germain. C’était un échec… pour moi bien sûr… et encore plus pour lui. Il n’acceptait pas l’échec. Il était tellement… tellement… exigeant. Il voulait que je sois la meilleure, que je domine mes collègues par mes compétences, par mon intelligence. Il voulait…

Un bruit se fait entendre dans la salle. C’est la porte d’entrée qui s’ouvre. Un homme entre deux âges en franchit le seuil. Puis, il s’arrête en voyant le couple en conversation en se demandant ce qu’il doit faire. Germain se lève, va l’accueillir et lui dit quelques mots sans qu’Anne-Marie entende. Il revient vers elle qui s’essuie les joues avec le mouchoir de Germain.

— Notre réunion commence bientôt. J’ai dit à Jean-Charles d’attendre et d’accueillir les autres. Venez avec moi. Retournons dans la chambre.

Toujours aussi docile, Anne-Marie se lève et suit Germain dans la petite chambre. Germain la fait entrer et referme la porte. Il n’était pas question pour lui d’arrêter la conversation avec Anne-Marie en cours de route. Il sentait que ses confidences l’amenaient progressivement à des prises de conscience douloureuses. Il voulait être là pour elle.

Quant à Anne-Marie, elle était maintenant dans un tel état de fragilité qu’elle aurait suivi Germain au bout du monde s’il lui avait demandé. Il était le radeau auquel elle s’accrochait désespérément. Elle ne voulait pas couler. Elle ne le voulait pas. Elle se battait encore avec toute l’énergie dont elle était capable. Et Dieu sait qu’elle en avait ! Mais elle faiblissait, elle n’en pouvait plus. Elle avait le sentiment que si elle le lâchait, elle sombrerait définitivement au fond de la mer et se noierait. Sans l’ombre d’un doute, elle serait perdue.

Elle continue toujours à s’essuyer les yeux avec le mouchoir de Germain et lui dit :

— Tout ça est ridicule… tu dois me trouver ridicule…

— Sûrement pas.

— Tu peux me laisser… si tu veux… Je vais bien maintenant… t’as autre chose à faire…

— Ne vous en faites pas, j’ai demandé à Jean-Charles de dire aux autres d’attendre.

Les deux ont repris leur place. L’une sur le lit et l’autre sur la chaise. Germain l’a simplement rapprochée un peu en gardant une distance respectable. Il attend toujours qu’Anne-Marie prenne l’initiative de la conversation. Or il voit bien qu’elle est très troublée. Ses yeux sont de plus en plus mobiles. Elle frotte ses pantalons avec énergie. Elle est ailleurs. Germain sait qu’elle n’a pas encore atteint le fond et il ne veut pas la laisser couler seule. Il ne veut pas l’abandonner dans ce moment critique. Il finit par lui demander.

— La mort de votre père a dû être terrible pour vous ?

Anne-Marie hésite à répondre. La question lui est arrivée dans un bruit sourd, comme lorsque l’on entend des sons sous l’eau. Elle a soif. Elle aurait eu besoin de boire. Mais elle sait maintenant que si elle ouvre la bouche, elle avalera l’eau de mer qui la détruira. Elle ferme les yeux et a le réflexe de se rouler en boule comme lorsqu’elle avait dix-sept ans et qu’elle était dans sa caverne, assaillie par ses démons. Elle relève les jambes sur sa poitrine et appuie ses deux pieds sur le rebord du lit. Elle enserre ses jambes de ses bras et croise ses mains pour bien les retenir.

— Plus que ça, Germain… plus que ça… Le monde s’est effondré… Il y a des moments où j’étouffais… J’étouffais…

— Tu voulais mourir aussi ?

Anne-Marie ouvre maintenant les yeux et ce que Germain voit aurait pu effrayer n’importe qui d’autre. Il y lit le désespoir. Il reconnaît cet état d’âme. Parce qu’il sait le reconnaître chez les autres. Parce qu’il l’a lui-même vécu. « Elle est prête », se dit Germain en lui-même.

— Oui, je veux mourir… Mourir… je suis comme… dans une caverne… profonde… noire… sans issue… je tâtonne les murs pour chercher l’entrée, mais il n’y en a pas… je suis prise au piège… Prise au piège.

— C’est quoi, ce piège ?

— Je le sais pas… je le sais pas…

— Mais oui, vous le savez, Anne-Marie ?

Anne-Marie a une espèce de sursaut de colère. Elle ne veut pas. Elle ne veut pas. Elle aurait voulu nager, mais ses bras sont croisés sur ses jambes et elle ne veut pas non plus les lâcher. Elle descend maintenant à la vitesse d’un boulet qu’on vient de jeter à la mer. Elle coule. Elle coule.

— Non, je te dis… que je le sais pas… je le sais pas.

Dans un dernier réflexe de survie, elle desserre son étreinte et tend ses bras vers l’arrière jusqu’à toucher au mur. Et elle se met à frapper. Doucement d’abord, puis de plus en plus fort. Elle cogne et cogne avec rage. Elle cogne sur les murs de sa caverne sombre. Les démons aux yeux rouges viennent de s’emparer d’elle. Germain ne la quitte pas des yeux sans bouger.

Anne-Marie cesse de frapper et dans un dernier sursaut, elle hurle presque :

— Mon père est mort… Il m’a trahi. Il m’a laissé tomber… il n’est plus là… il est mort…

Germain rapproche sa chaise jusqu’à toucher le pied du lit. Il est maintenant tout près, tout près, mais il ne fait rien. Il lui dit simplement, presque dans un murmure.

— Vous avez peur Anne-Marie ?

Anne-Marie s’effondre littéralement. Elle se met maintenant à pleurer à torrent. Cela ne s’arrête pas. Elle sanglote, hoquette. Elle a beau s’essuyer avec le mouchoir tout humide de Germain, les larmes déferlent comme un tsunami, tombent sur ses mains, sur sa veste. Elle pleure comme elle n’a jamais pleuré.

— Je suis plus capable…

Germain décide tout doucement de se lever et de venir s’asseoir auprès d’elle. Ils sont maintenant côte à côte. Anne-Marie n’a pas réagi tellement elle est envahie par la peine. Germain lui dit de sa voix la plus douce.

— Pleure, petite, pleure.

— J’ai peur Germain… J’ai peur…

— Tu as peur de quoi, petite ?

— J’ai peur… j’ai peur… de ne pas… 

Germain est maintenant tout proche d’elle. Il sent ses tremblements. Son corps s’agite tout entier jusqu’à faire sursauter le lit. Il met sa grande main sur la sienne, chaude, douce. Anne-Marie la retire aussitôt dans un sursaut. Elle le regarde, toujours de cet air désespéré. Infinie tristesse de quelqu’un qui voit la mort arriver. Germain lui reprend la main et elle se laisse faire cette fois. Elle tourne son visage vers le mur et ajoute dans un souffle.

— J’ai peur de ne pas… J’ai peur… de ne pas y arriver sans lui… de ne pas être à la hauteur…

Anne-Marie se remet à sangloter de plus belle. Germain l’entoure maintenant de ses grands bras. Et elle se laisse faire comme un enfant, l’enfant qu’elle a toujours été, l’enfant qui n’a jamais eu droit d’être consolé. Elle met sa tête sur son épaule et pleure à chaude larme. Germain la berce comme un bébé. Ils restent ainsi pendant quelques minutes sans parler, le bruit des sanglots perçant le silence. Puis Anne-Marie laisse tomber dans un souffle.

— Je suis finie… Je lâche tout… j’abandonne… Je veux mourir… C’est fini…

Germain sait qu’elle vient d’atteindre le fond. Elle y est arrivée. Après un dur combat avec elle-même, elle y est arrivée. Le premier réflexe de Germain, c’est de faire une prière au Bonhomme d’en haut, comme il l’appelle. Germain aussi avait mis bien du temps pour trouver cette « puissance supérieure » dont parle la règle numéro deux des AA. Il en avait tant bavé. Tant bavé.

Lorsque les sanglots d’Anne-Marie se sont calmés. Germain lui dit.

— C’est pas fini, petite… Rien n’est fini.

Anne-Marie lève des yeux bouffis et rougis vers lui. Germain se rend compte qu’un poids terrible vient de tomber de ses épaules. Les larmes ont fait place nette, ont lavé son visage austère. Il ne reste plus qu’une plage de sable blanc percé d’yeux vert clair. Il lui dit.

— Non, petite, c’est pas fini… au contraire, ça commence… Tu viens de faire le premier pas… Enfin… il était temps.

Pendant que la conversation se poursuit encore un peu entre Germain et Anne-Marie, la grande salle est maintenant occupée par une douzaine de personnes de tous âges. Un homme en habit cravate qui vient sans doute de sortir de son bureau. Quelques travailleurs manuels reconnaissables à leurs bottes de travail. Un jeune à cheveux long. Deux femmes, dont l’une très jeune et l’autre d’âge mûr. Jean-Charles, le premier homme arrivé sur les lieux s’entretient avec quelques-uns d’entre eux. Il leur explique que Germain a une urgence et qu’il a demandé de l’attendre. Tous semblent savoir ce que cela signifie. Ils sont prêts à patienter le temps qu’il faudra. D’autres sont près du petit comptoir. Ils se sont versé une tasse de café ou un verre de jus. Ils bavardent de tout et de rien.

Après encore un certain temps, la porte de la chambrette s’ouvre et Germain en sort. Il est suivi par Anne-Marie. Germain s’adresse aux participants.

— Bonsoir à vous, tous. Pardon du retard. Vous pouvez vous asseoir maintenant.

Les personnes obéissent toutes sans hésiter et viennent prendre un siège dans le cercle. Germain part chercher une autre chaise pour l’insérer dans le cercle. On se déplace tous un peu pour faire de la place. Anne-Marie s’approche du cercle et prend place sur la chaise vide. Germain s’assied.

— Bienvenue à tous. Merci d’être là. Ce soir, un nouveau membre a bien voulu se joindre à nous. Veux-tu te lever et te présenter ?

— Je m’appelle Anne-Marie.

Les autres répondent en cœur : « Bienvenue Anne-Marie »

— Je suis alcoolique.

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