À propos de ce blogue

Ce blogue aborde notre relation paradoxale avec le langage … et surtout avec ce qui nous échappe dans le langage.

Apophase est un mot d’origine grecque qui signifie littéralement « loin, hors du discours ». On pourrait le traduire simplement  par «dire non» ou «nier tout énoncé». On l’appelle aussi «voie négative». À diverses époques, des philosophes et des théologiens se sont heurtés à la difficulté de parler de ce qu’ils nommaient l’Être, l’Un, l’absolu ou Dieu. Cette entité abstraite semblait leur échapper à mesure qu’ils s’en approchaient. Ils n’ont pas trouvé mieux que de le désigner par des négations : l’invisible, l’incompréhensible, l’inaccessible, celui qui n’a pas de frontière, etc.

En définitive, ne sommes-nous pas toujours confrontés aujourd’hui au même dilemme envers ce qui nous échappe? Notre langage est bien adapté pour désigner les objets et les événements du quotidien, mais très peu pour évoquer l’intangible. Il est impuissant à dire l’essentiel. Cela restera toujours une entreprise ardue, voire impossible, de décrire directement cet objet insaisissable que nous nommons l’absolu ou Dieu. Au mieux, nous pouvons nous en approcher, tourner autour, y faire allusion de façon métaphorique et poétique. Or, l’art dans ses multiples manifestations, notamment la littérature, est sans doute le système de signes le plus approprié pour accomplir cette tâche.

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