Faubourg-Chapitre 6

Un salon au XIXe siècle

Le policier qui entra dans le bureau des détectives était costaud, très costaud. Il avait des cheveux roux avec des favoris de même couleur, un visage rougeaud et des yeux bleus. Ses mains ressemblaient davantage à des rames de chaloupes qu’à des parties d’un corps humain. Nolan était allé le chercher dans la salle commune au rez-de-chaussée, là où les constables se rassemblaient. Le policier salua comme un militaire les hommes présents. Il avait été soldat naguère, cela ne faisait aucun doute.

— Brian McCarthy, à votre service.

— Repos soldat ! dit Nolan avec un air ironique. Assieds-toi ici.

Le colosse se tira une chaise et y déposa lourdement sa carcasse. Tout le monde dans la pièce doutait que la chaise en bois allât résister à l’assaut. Robinson entreprit la conversation.

— Brian, c’est ça ?

— Affirmatif, M’sieur.

— Alors Brian, c’est bien toi qui as découvert le corps de la dame sur la rue Saint-Louis pendant l’incendie ?

— C’est moi

— Peux-tu me raconter comment les choses se sont passées ?

— Bon… On faisait le tour des maisons…

— « On », c’est qui ?

— Les soldats et nous, nous nous étions séparé le travail. Nous allions en paires visiter les différentes maisons : un policier et un soldat.

Le constable s’arrêta de parler, comme s’il attendait une autre question.

— Continue ton histoire.

— Ben, on avait déjà fait trois portes de la terrasse Stadacona. C’était juste une précaution parce qu’on savait que cette bâtisse ne prendrait pas en feu. Elle était en pierres, vous savez. En tout cas, on se pressait pour cogner aux portes et faire sortir ceux qui auraient pu rester. Il n’y avait personne aux trois premières portes. Ou il n’y avait pas d’occupants, ou ils étaient déjà partis. C’est pour ça qu’on a été surpris de voir que la porte du… cette porte-là, vous savez ?

— L’appartement où se trouvait le cadavre ?

— Oui, cette porte-là. Donc, on a été surpris de voir qu’elle était entrouverte. Juste un peu, mais elle n’était pas barrée. Moi, ça m’a intrigué, mais le soldat qui était avec moi voulait continuer. Il pensait que les habitants avaient dû quitter en vitesse en oubliant de barrer la porte. Mais moi, je suis entré et j’ai crié s’il y avait quelqu’un… Puis j’ai trouvé la dame… c’était affreux !

Le policier bavard s’arrêta enfin de parler. Le détective n’avait pas eu besoin de poser trop de questions. Il le laissa respirer un peu et continua.

— Je voudrais, Brian, que tu te concentres et que tu reviennes à ce moment-là dans tes souvenirs. Est-ce qu’il y a des détails qui t’auraient frappé en particulier.

Le policier se concentra pendant quelques instants et dit.

— Ben, je sais pas. Quand je suis entré, la maison était silencieuse. J’étais certain de trouver personne. Puis j’ai vu le cadavre, j’ai tout de suite su qu’elle était morte, la dame. Il y avait beaucoup de sang par terre. Elle était étendue sur le ventre. Elle était habillée pour sortir. Puis, j’ai vu près d’elle la statue de bronze pleine de sang.

— Qu’est-ce que tu as fait alors ?

— J’ai demandé au soldat qui me suivait, et qui était figé comme une statue de sel, de reculer vers la porte. J’ai fait de même. Vous savez, m’sieur, j’ai fait ce qu’on m’a enseigné. Dans ces cas-là, il ne faut toucher à rien.

— Tu n’as donc jamais approché la victime.

— Jamais !

— As-tu eu le temps de regarder autour d’elle s’il y avait du désordre. Par exemple, des meubles renversés ou déplacés, des lampes brisées, des papiers par terre, toutes sortes de choses comme ça.

— Non.

— Non, quoi ?

— Y avait rien de tout ça. À part le cadavre et la statuette, tout était parfaitement normal dans le salon. C’était aussi propre que dans mon salon à moi. Vous savez, c’est ma bonne femme qui fait le ménage et il faut jamais que rien traîne. On pourrait manger par terre.

Don et Nolan esquissèrent un petit sourire en entendant la remarque du policier. Vraisemblablement, ils savaient à quoi le constable faisait allusion. Pendant ce temps, Robinson réfléchissait à sa prochaine question. Le policier lui demanda.

— Est-ce que j’ai bien fait ?

— Oui, oui, Brian. Tu as tout fait à la perfection. J’ai une autre question : avant d’entrer dans l’appartement, lorsque tu passais aux autres portes, as-tu remarqué quelque chose ou quelqu’un de spécial ?

— Quelque chose ? Non. Il y avait le feu dans les rues derrière, vous savez. Mais sur la rue Saint-Louis, tout avait l’air normal. La vie continuait, les voitures circulaient. C’était étrange étant donné le désordre qui régnait dans les rues derrière.

— As-tu remarqué quelqu’un d’inhabituel ?

— Comme je vous ai dit, tout était normal.

— Essaye de te souvenir. C’est important.

— Je ne vois pas, non…

Puis, le policier s’arrêta de parler. On aurait dit qu’une idée venait de le frapper.

— … Peut-être… Mais c’est sans importance. Tout le monde courait dans tous les sens.

— Peut-être… quoi ?

— C’est sûr, on revenait de la rue Scott et tout le monde courait dans tous les sens. Mais arrivé sur la rue Saint-Louis, comme je vous le disais, c’était plus calme, à l’exception d’un homme qui courait en traversant la rue sans regarder. Il avait l’air pressé.

— Il venait d’où ?

— Du trottoir de la terrasse Stadacona… Et maintenant que j’y pense, il venait de pas loin de la porte entrouverte… J’aurais dû y penser, l’interpeller.

— Mais non, tu ne pouvais pas savoir, voyons. Comment était-il ? Grand, petit, mince, trapu ?

— Il était de taille moyenne. Il était habillé comme un ouvrier…

— … Ou un débardeur ? demanda Nolan.

— Peut-être. Je ne sais pas. Je n’ai pas pu le voir de loin… Il avait une casquette. Ça, j’en suis sûr.

Les trois détectives échangèrent un regard complice. Don reprit la main et demanda au constable :

— Et tu es resté sur place en attendant du renfort ?

— C’est certain. Je me suis planté là sans bouger pendant que le soldat allait vous chercher.

— Est-ce qu’il y a quelqu’un qui a voulu entrer pendant ce temps-là ?

— Non, personne avant vous deux, dit le constable en désignant Nolan et Don. Puis, après vous, le détective O’Connell est arrivé, tout essoufflé.

— Oui, dit Nolan en s’adressant à Robinson. Je m’en souviens… Il a fallu qu’on lui annonce la mauvaise nouvelle. Il était complètement dévasté. Il s’est assis sur les marches et s’est mis à pleurer.

— Il est arrivé combien de temps après vous ? demanda Robinson.

— Cela faisait bien une dizaine de minutes qu’on était là, répliqua Don. Et il n’a jamais voulu entrer ?

— Non. Je me suis demandé pourquoi, dit le constable.

— Parce que c’est un excellent détective, dit Robinson. Il savait qu’il ne devait pas le faire afin d’éviter de contaminer la scène de crime. Merci beaucoup, Brian, de ton témoignage. Tes informations seront très précieuses pour la suite de l’enquête.

— C’est vrai ? dit le colosse, tout sourire.

— Tout à fait. Tu peux retourner en bas rejoindre tes collègues.

Lorsque le géant sortit de la pièce, Nolan dit :

— Son témoignage confirme ce que nous savions déjà. O’Connell avait appris par la rumeur publique qu’un incendie s’était déclaré dans le quartier Saint-Louis où il habitait. Il s’était dépêché de monter la falaise par la charcotte et avait couru jusqu’à son appartement. C’est là qu’il a appris la mauvaise nouvelle.

— La « charcotte » ? Qu’est-ce que c’est ?

— C’est un raccourci, un sentier que les ouvriers des chantiers de bois qui travaillent en bas prennent pour se rendre chez eux en passant par Sillery. C’est plutôt à pic. Je comprends pourquoi O’Connell était essoufflé,

— Et ce que le constable nous a appris sur le mystérieux coureur ? demanda Don.

— Oui, dit Robinson. Il faudra s’y intéresser, c’est une personne d’intérêt. J’aimerais en connaître plus sur le gabarit de Landry.

— Vous pensez que ça pourrait être lui ?

— Peut-être. Il ne faut négliger aucun détail. Ne perdons pas de vue non plus la bande de bootleggers. Après tout, cet inconnu aurait pu ressembler à un débardeur.

Après un long moment de silence, les trois détectives se levèrent en même temps. Chacun d’eux avait quelque chose à faire. Ils rassemblèrent leurs affaires et partirent aussitôt.

***

Nolan avait offert à Robinson la chaise de poste à deux roues, tirée par un seul cheval, qui attendait sagement devant la porte. Ce véhicule restait toujours à la disposition des policiers dans l’éventualité d’une urgence. Le soir, on ramenait la chaise dans l’écurie de la police de la rue du petit Champlain près de l’anse au Foulon. Robinson accepta avec plaisir l’offre de Nolan. C’était le genre de véhicule qu’il avait l’habitude d’utiliser à Montréal. Petit et rapide, pour une personne ou deux à la rigueur, il le conduisait lui-même avec habilité dans les rues étroites de Montréal.

Le détective montréalais avait reçu de l’information sommaire de la part de Nolan au sujet du père Larquet. Il possédait la plus importante quincaillerie de Québec : Larquet Hardware. Elle était située sur la côte de la Montagne. Sa famille avait habité longtemps au-dessus de la quincaillerie. Le couple y avait élevé leurs deux enfants (quatre étaient décédés en bas âge). Finalement, il s’était fait construire une maison dans le faubourg Sainte-Foy (lequel était surtout agricole) à proximité de l’église Notre-Dame-de-Foy dont on pouvait apercevoir le clocher de loin.

Il apprit également par Nolan que Larquet était bien nanti. Sa fortune, il l’avait héritée en partie de son père, négociant et constructeur de navires. Mais c’est par ses propres efforts dans la quincaillerie qu’il avait eu le plus de succès. Il l’avait fait fructifier en pratiquant la concentration verticale. Sa stratégie consistait à fabriquer ses propres clous dans son entreprise de Beauport. Il avait aussi une fabrique de mastic et de meules à farine. Ces objets étaient vendus en exclusivité dans sa quincaillerie. Larquet n’avait toutefois pas une fortune aussi importante que les grands entrepreneurs anglo-écossais, armateurs et exportateurs de bois pour la plupart. Mais il était ambitieux et cherchait à se faire une place au soleil. Il avait cofondé quelques banques et s’intéressait au chemin de fer.

Arrivé à l’adresse indiquée, Robinson se trouva devant un « cottage orné » du style du mouvement pittoresque britannique. Le volume de la maison était presque carré. Il y avait un étage et demi. Une grande lucarne brisait l’uniformité d’un toit évasé en tôle à baguettes. Une galerie couverte faisait toute la façade. Deux portes-fenêtres et quatre grandes fenêtres éclairaient l’intérieur. L’enveloppe était faite de briques jaunes du plus bel effet. L’aménagement extérieur était à l’avenant, influencé par les cottage gardens des villas britanniques semblables à Québec : plantes vivaces, arbustes et arbres indigènes disposés de manière libre et non géométrique. On apercevait aussi une roseraie adjacente au bâtiment.

Robinson attacha le cheval à la galerie, lui donna à manger et alla sonner à la porte. On entendait des cris d’enfants à l’intérieur, puis des pas pressés qui s’approchaient de la porte. Une femme plutôt corpulente, de taille moyenne et au visage rondelet, apparu à la porte. Vraisemblablement, c’était Madame Larquet.

— Oui, vous désirez ?

— Je m’appelle Silas Robinson, je suis détective de police… Je suis également un collègue de Patrick O’Connell.

La femme le regarda d’un air sévère, n’osant pas le faire entrer.

— Puis-je vous parler ainsi qu’à votre mari ?

Après encore quelques hésitations, elle le laissa entrer, lui tira le chapeau melon des mains et le déposa négligemment sur la patère de l’entrée. Il entra dans le hall central. On pouvait apercevoir d’abord des portes à la française à gauche et à droite. L’une devait donner sur le salon et l’autre sur la salle à manger. Un peu plus loin, deux autres portes plus sobres qui devaient sans doute déboucher sur la chambre principale et le boudoir-bibliothèque. Vers l’arrière, il y avait encore quelques pièces, probablement le quartier des domestiques. Une cloison semi-hexagonale séparait les pièces de réception des parties privées et dissimulait également l’escalier.

L’ornementation intérieure était aussi typique des cottages anglais : marbre des rosaces au plafond, chambranles avec pilastre, surmontés d’un entablement à médaillons.

La femme et Robinson entrèrent dans le salon. Le détective aperçut le manteau de cheminée en bois sculpté et la niche en arc brisé qui l’encadrait. L’espace, un peu chargé, était meublé avec goût et les murs recouverts de papier peint d’allure sobre. Trois enfants de cinq à sept ans, deux garçons et une fille couraient dans tous les sens dans le salon. La grand-mère lança d’un air découragé un « ça suffit ! » peu convaincant. Les enfants ne l’entendaient guère.

— Excusez le désordre. Notre bonne est en congé et nous devons nous occuper de ces petits, très en vie comme vous le voyez.

Un homme était assis dans l’un des fauteuils, lisant un journal, indifférent au bruit autour de lui. Il avait une pipe à la bouche. C’était un homme un peu enveloppé, chauve sauf pour une couronne de cheveux gris derrière la tête. Des épaules robustes supportaient une belle tête avec des lèvres bien dessinées et un nez droit. Des yeux marron et des paupières lourdes lui donnaient un peu l’air d’un chien battu. Il devait être dans la mi-cinquantaine.

— Eugène, il y a quelqu’un pour nous parler, Monsieur…

— Robinson, Silas Robinson.

— M. Robinson est un détective de la police.

L’homme se leva, surpris de cet invité inattendu. Il s’approcha de lui et lui serra la main.

— Que nous vaut l’honneur de votre visite ? lui demanda-t-il en l’invitant à s’asseoir dans l’un des fauteuils.

— D’abord, permettez-moi de vous offrir mes condoléances pour le décès de votre fille. Voilà ! J’ai été mandaté par la police de Québec pour faire une enquête au sujet de… De la mort de votre fille.

Le couple se figea immédiatement, un voile de tristesse sur le visage. Le silence n’était brisé que par les cris et les rires des enfants qui couraient autour des fauteuils. 

— Les enfants, j’ai une bonne idée. Si vous alliez jouer à cache-cache dans le jardin ?

Un « oui » enthousiaste s’éleva spontanément.

— Faites attention à ne pas salir vos beaux vêtements.

Les enfants partirent à courir vers l’arrière de la maison sans entendre la recommandation de leur grand-mère. Les larmes montèrent immédiatement aux yeux de la femme.

— Pauvres petits ! Qu’est-ce qu’ils vont devenir sans leur mère.

Après avoir laissé passer l’émotion, Robinson engagea la conversation.

— J’enquête sur ce qui s’est passé dans l’appartement de la famille O’Connell.

— Qui êtes-vous donc ? dit le père. Je connais les policiers de Québec et…

— Je suis chef détective à la police de Montréal.

— Vous êtes bien loin de chez vous. On vous laisse enquêter ici ?

— Oui. J’ai une permission spéciale.

— Pourquoi ?

— Je connais bien Patrick… O’Connell. Nous avons travaillé ensemble. Il est venu quelquefois chez nous, à Montréal. Mon épouse et moi l’avons reçu à Noël. Ma femme et Alma se sont bien entendues. Je veux connaître le fin fond de cette histoire malheureuse. 

— Vous n’êtes pas sans savoir que la police le soupçonne… d’avoir tué notre fille ?

— Je ne le sais que trop bien.

— Et vous en pensez quoi ?

— Je pense qu’il est innocent de ce meurtre. J’en suis profondément convaincu… et vous ?

— C’est impossible que ce soit Patrick, dit la femme. Impossible ! Il était très amoureux de notre fille et il adorait ses enfants. Il n’aurait jamais voulu en faire des orphelins.

— Et vous, monsieur ?

— J’avais prévenu Alma que ce mariage lui rendrait la vie difficile. Mais elle a fait sa tête, comme d’habitude. Ce qu’elle pouvait être butée parfois !

— Vous n’aimiez pas Patrick parce qu’il était policier ?

— Certes. C’est un métier dangereux et vous le savez mieux que moi. J’aurais voulu un meilleur mariage pour elle. C’était notre seule fille, vous savez… C’était notre seule fille…

— Pouvez-vous me parler d’elle ? Quel genre d’enfant était-ce ?

— C’était une petite fille gentille, dit la mère. Mais ce qu’elle pouvait être têtue ! Elle n’écoutait jamais. On se disputait souvent.

— À quel sujet ?

— Bah ! Elle ne voulait pas assumer son rôle d’épouse et de mère. Elle disait qu’elle était libre et qu’elle ne voulait surtout pas faire la même vie que la mienne. Ce qu’elle pouvait être insolente parfois ! Mais aujourd’hui… Je m’en veux… de ne pas l’avoir écoutée plus souvent… J’aurais pu mieux la comprendre… j’aurais pu…

— Pourtant, reprit le père, elle a reçu la meilleure éducation possible. L’instruction, vous savez, c’est essentiel. Alma était une petite fille si intelligente qui avait aussi beaucoup de talent. Elle dessinait très bien… Puis elle est tombée amoureuse de cet homme.

— Patrick n’est pas un homme ordinaire, vous savez.

— Ça, nous l’avons appris plus tard. Mais nous ne le savions pas au début, dit la mère. Alma était une femme éduquée… Nous pensions qu’elle aurait pu marier quelqu’un de son rang.

— Où a-t-elle étudié ?

— Chez les Ursulines de Québec. Ce n’est pas seulement le collège de filles le plus compétent à Québec, mais probablement aussi au Bas-Canada. Des filles venaient de partout pour étudier chez les Ursulines, y compris des Anglaises et des Américaines. Un grand collège.

— J’aimerais bien m’entretenir avec certaines de ses relations.

— Nous vous donnerons les noms. Elle s’entourait d’un groupe de femmes éduquées comme elle chez les Ursulines.

À ces mots, la femme alla s’installer à un petit bureau, prit une feuille et une plume et commença à écrire des noms. Robinson se tourna vers elle et lui dit.

— Pendant que vous y êtes, pouvez-vous m’écrire le nom du directeur du Music Hall où elle travaillait.

Pendant que Madame Larquet était occupée, monsieur Larquet demanda

— Avez-vous des pistes ?

— Nous commençons à peine notre enquête, nous avons effectivement quelques pistes.

— Pourquoi aurait-on voulu l’assassiner ? C’était une fille charmante avec tout le monde. Vous demanderez partout autour. Tout le monde l’aimait. Pourquoi ?

— Monsieur Larquet, c’est toujours la question qui nous obsède, nous les enquêteurs. Nous n’arrêtons jamais nos investigations tant qu’on n’y a pas répondu. C’est ce qui nous motive dans toutes nos actions pour trouver le coupable.

— Donc, vous avez écarté la piste de Patrick ? Ce ne peut pas être lui ? demanda la femme.

— Il nous faut encore quelques détails, mais il semble que son alibi soit solide.

— Je suis soulagée. Les enfants ont besoin de leur père et je le connais assez pour savoir qu’il saura s’en occuper.

À ces mots, Robinson se leva en disant.

— Je vous ai suffisamment accaparés. Merci de votre compréhension.

— C’est plutôt à nous de vous remercier, détective. Vous allez nous donner des nouvelles ?

— Dès que nous aurons des développements substantiels, je vous tiendrai au courant.

On entendit des cris d’enfants dehors.

— Il faut que j’aille voir ce qui se passe, veuillez m’excuser.

Sur ce, la femme partit presque en courant vers l’arrière de la maison. Larquet raccompagna Robinson à la porte, lui remit son chapeau et lui dit.

— Vous me promettez de retrouver l’assassin de ma fille ?

Robinson lui fit une affirmation qu’il ne faisait jamais d’habitude.

— Je vous le promets.

Après avoir serré la main de son hôte, Robinson sortit, détacha son cheval et repartit dans son véhicule.

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