Carcajou-Chapitre 11

Pakenham Mansion

… Le Sieur Terrence Pakenham, ce si prude et si honorable protestant, aime bien faire la leçon à tout le monde. Il lui arrive plus souvent qu’à son tour de se présenter comme le pourfendeur des catholiques, les accusant de tous les maux. J’ai été moi-même la cible de cet impertinent personnage. Or, lui-même n’est pas exempt de fautes, tant s’en faut. On peut se poser des questions à propos de ce manant qui se dit un pilier respectable de sa communauté, mais qui pourtant vit au-dessus de ses moyens dans son manoir de l’Upper Town. Cet homme exploite le malheur des ouvriers et méprise le petit peuple qui lui apporte sa richesse.

L’Église m’interdit sous peine de péché de proférer des calomnies à propos de quelqu’un puisqu’une calomnie consiste à fabriquer de fausses accusations. Toutefois, à propos du Sieur Pakenham, il y a des faits véridiques qui ne trompent pas. Je m’arrête là, car il y aurait beaucoup de choses à dire sur sa vie dépravée — oui, dépravée! — . S’il continue à dénigrer comme il le fait les bons catholiques de Montréal, je n’hésiterai pas un instant à dévoiler publiquement ses secrets les plus inavouables. À bon entendeur, salut!

Michael Mooney, extrait des Mélanges religieux, 6 mai 1853

Quand Leclerc termina la lecture de l’extrait de l’article, il y eut un silence de plomb dans le bureau. Robinson prit alors la parole.

— Oui effectivement, nous tenons là un mobile. Pakenham, qui ne portait déjà pas Michael Mooney dans son cœur, a dû interpréter cet article comme une menace. Nous nous rapprochons maintenant du cur

Kelly ouvrit les yeux très grands en entendant le dernier mot de son chef. Vraisemblablement, il n’y comprenait rien au latin. C’est Leclerc, avec sa formation juridique, qui lui fit la leçon.

— Dans tous les crimes, Kelly, il faut toujours tôt ou tard se poser quelques questions. C’est ce que nous ont appris les Romains d’autrefois qui étaient d’excellents juristes. 

— Tu veux dire les empereurs romains, Néron et compagnie ?

— Pas les empereurs eux-mêmes, mais les avocats de leur temps. 

— Parce qu’il y avait des avocats dans ce temps-là ?

— Et oui. Ce sont même eux qui ont inventé la profession comme on la connaît aujourd’hui.

 — Pauvres romains !

La remarque fit sourire les deux compagnons de Kelly.

— Revenons à nos moutons. Le cur, c’est le pourquoi dans une enquête. On doit trouver les raisons du crime, car il y en a toujours une, que ce soit l’argent ou la vengeance ou la jalousie ou même la folie. C’est ce que le chef appelle le mobile. Mais avant cela, il importe de se poser la question du quid : y a-t-il eu crime ? 

— Ça me semble évident, à voir le cadavre de Mooney.

— Mooney a été l’objet d’une mort violente, c’est effectivement une évidence. Mais est-ce un homicide ? Ce n’est toujours pas clair. Tu te rappelles qu’au début, on pensait que Mooney avait été tué par un carcajou. Dans d’autres circonstances, sa mort aurait pu passer pour un accident ou un suicide. 

— Ouais ! Se suicider en s’arrachant les chnolles… Brrr ?

Autres sourires de la part des deux compères.

— Il faut également se poser la question du quis : nous avons affaire à qui ? Encore là, tu vas sans doute me dire que c’est évident pour le cadavre du Mont-Royal. Pas si certain que cela. Nous avons pu identifier le mort à la suite d’un hasard. Il a fallu que j’entende parler de la disparition de Mooney dans la salle des policiers pour faire le lien. Si le cadavre avait été brûlé, il n’y aurait eu aucun moyen de savoir qui était cette personne. Cela aurait compliqué sérieusement notre tâche.

— C’est bien compliqué tout cela. Ça commence à me donner mal à la tête. Est-ce que c’est nécessaire de se poser tant de questions.

— En réalité, dit le chef, un bon inspecteur se pose toujours ces questions. Les réponses semblent tellement évidentes parfois, comme s’il n’y avait pas eu de questions derrière. Pourtant, c’est faux. 

— Je ne veux pas te décourager, continua Leclerc, mais il y a encore quelques autres questions à se poser dans une enquête, ne serait-ce que le quando et le ubi.

— Bon, encore des grands mots.

— Le quando, c’est le moment où le crime s’est produit. Avec Mooney, nous avons eu la chance de découvrir son cadavre assez rapidement et surtout de faire pratiquer une autopsie par le Dr Campbell qui a déterminé assez précisément l’heure de sa mort. Imagine que l’on ait retrouvé le cadavre dans l’eau ou encore au printemps alors qu’il a passé l’hiver sous la neige. Il aurait été presque impossible de savoir à quel moment il avait été tué. Comment alors retrouver le coupable ? 

— Puis le… comment tu dis ?.. , le bobby?

— Le ubi, Kelly. Il s’agit du lieu où il a été retrouvé. Dans le cas de Mooney, heureusement que Pompée était là, sinon nous ne l’aurions peut-être pas localisé de sitôt. D’ailleurs, ce lieu pose un problème pour notre enquête, beaucoup plus que pour le cadavre du jeune Kirkland, par exemple. Dans ce dernier cas, il est relativement facile de comprendre pourquoi il se trouvait près du manoir McTavish. Par contre, pour ce qui est de Mooney, c’est une autre affaire. Pourquoi était-il là ? Aurait-il pu être déplacé après qu’on l’eut tué ailleurs ? On a déjà vu plusieurs fois des choses comme ça.

— Oui, bon ! Ça fait pas mal de questions, il faudra que j’apprenne…

— Tu ferais bien, effectivement. Mais attends… ce n’est pas fini.

— Quoi… d’autres questions ?

— Oui, et pas des moindres. Il y a le quomodo, qui comporte en fait deux sous-questions : d’abord, la façon dont le crime été commis. Dans le cas de Mooney, nous n’avons pas encore répondu à cette question. L’autre sous-question lui est complémentaire : par quel moyen l’a-t-on tué ? À l’aide de quel instrument ? Là non plus, nous ne sommes pas très avancés en voyant l’état du cadavre. Le Dr Campbell nous a dit que ce n’est pas un objet tranchant qui lui a coupé les… testicules… Mais ce serait quoi alors ? Tu vois que ces questions sont très utiles pour une enquête.

— Je vais prendre des notes, mais il faudra que tu me les répètes avec des mots que je comprends.

— Il reste une dernière question, dit le chef, celle de Cicéron : le cui bono? À qui profite le crime? Comme un bon nombre d’homicides sont liés à la cupidité ou encore à la jalousie, c’est important de se la poser. Quelqu’un profite-t-il financièrement de la mort de Mooney ? Ou encore, fréquentait-il une femme mariée dont le mari jaloux avait tout intérêt à le faire disparaître ? Comme vous le voyez, c’est aussi une question importante.

— Je ne vois pas Mooney fréquenter une autre femme, dit Leclerc, catholique comme il l’était.

— Moi non plus, dit le chef. Mais dans notre métier, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

— Alors, il nous reste le mobile de la haine de Pakenham pour celui qui s’apprêtait à révéler ses secrets. Il aurait voulu le faire taire définitivement. Quels sont-ils donc ces secrets ? 

— C’est ce que je vais tenter de découvrir.

***

Le cab de Robinson s’arrêta devant une immense maison de pierres sur la rue Sherbrooke : un véritable manoir de nouveaux riches. Le propriétaire exigeait qu’on l’appelât le Pakenham Mansion. C’était un grand bâtiment enfoncé dans une cour où plusieurs arbres étaient plantés. La rue Sherbrooke était devenue depuis quelques années le lieu où ceux qui avaient de l’argent venaient faire construire leur résidence. Les plus ambitieux suivaient l’exemple des McCord, Molson, Frobisher, Redpath et compagnie qui avaient pignon sur rue dans ce secteur. Tous les grands propriétaires terriens et les hommes d’affaires bien nantis se devaient d’étaler leur richesse en se construisant en haut de la côte Beaver Hall, sur la rue Sherbrooke, au flanc du Mont-Royal. Il y avait dans ce secteur une accumulation sans pareille au Canada de richesses acquises légalement ou non. Les chefs d’entreprise dominaient ainsi la ville de leur prestige et de leur insolente opulence.

Robinson et Leclerc descendirent du cab et s’acheminèrent vers la cour fermée par une clôture de bois. Le Pakenham Mansionétait impressionnant, cela était certain. Il comportait deux étages et un rez-de-chaussée qui était plutôt un demi-sous-sol. Chaque étage laissait voir cinq fenêtres très hautes à carreaux que l’on pouvait cacher par des volets. L’entrée était couverte par quatre colonnades et un toit plat. Le sommet de l’immeuble, surmonté d’une tourelle octogonale, offrait un observatoire idéal. Sur l’un des côtés, on trouvait un immense jardin d’hiver à la mode chez les riches familles britanniques. Évidemment, on considérait que ce n’était pas un luxe si on voulait garder pendant les hivers rigoureux canadiens un tant soit peu de plantes rares et de belles fleurs. On ne les apercevait pas de l’entrée, mais l’arrière devait receler une étable pour les chevaux et un abri pour les carrioles.

Arrivé sous le porche, Robinson frappa le heurtoir avec force. On entendit de petits pas accourir. Une jeune servante entrouvrit la porte. Comme presque toutes les domestiques de l’époque, elle était habillée de sombre, un tablier blanc attaché à la ceinture lui descendait au-dessous des genoux et un châle passé à son cou venait s’attacher à la poitrine. Un bonnet blanc ne laissait paraître de sa chevelure brune qu’une frange sur le devant de la tête.

— Vous désirez ?

— Bonjour, mademoiselle, nous voudrions voir monsieur Terrence Pakenham.

La jeune fille regarda les deux hommes avec perplexité et un peu de condescendance.

— Nous ne voulons rien acheter, merci. Puis, elle s’apprêta à refermer la porte.

— Vous vous méprenez, Mademoiselle. Je m’appelle Silas Robinson. Je suis le chef du bureau des détectives de la police de Montréal. Voici mon collègue Émile Leclerc. Nous voudrions voir votre maître.

L’attitude de la servante changea du tout au tout. Elle semblait maintenant effrayée et surtout plus soumise.

— La police ?

— Oui, mademoiselle, la police.

— C’est que mon maître m’a demandé de ne pas être dérangé, « sous aucun prétexte », c’est ce qu’il a dit.

À cette phrase, les deux inspecteurs poussèrent la porte sans tenir compte de la résistance de la jeune fille et avancèrent dans l’entrée. Elle tenait toujours la poignée de porte quand Robinson lui dit d’un ton ferme.

— Allez, jeune fille. Allez annoncer ma venue à votre maître… et tout de suite !

La jeune fille sursauta au « tout de suite » du chef des détectives et se dirigea en trottinant vers l’une des portes du couloir. Elle cogna doucement et on entendit une voix dure : « j’ai dit de ne pas me déranger ». La servante jeta un œil à Robinson, plus effrayée que jamais et dit à travers la porte.

— Mon maître, c’est la police.

— Que dites-vous ?

Elle entrouvrit la porte pour mieux se faire entendre.

— C’est la police. Ils veulent vous voir.

Il y eut un silence qui sembla sans doute une éternité à la jeune fille. Puis, la voix lâcha.

— Qu’ils viennent !

La jeune fille sembla soulagée en revenant vers les deux inspecteurs. Elle les invita à entrer dans la pièce qui s’avéra être le bureau de Pakenham. 

Les deux hommes pénétrèrent dans une très grande pièce qui semblait plus surchargée qu’elle ne l’était en réalité à cause de la tapisserie florale qui ornait les murs. Un immense bureau de bois de chêne trônait au milieu de la pièce. Un homme était assis dans un fauteuil en cuir devant le meuble. Il avait un long visage et un nez à l’avenant. Deux yeux bruns étaient enfoncés dans leur orbite. Des sourcils épais séparés par deux plis qui semblaient fixés là en permanence lui donnaient un air sévère. Ce qui frappait le plus toutefois était sa longue barbe brune fournie qui cachait même la cravate.

— C’est à quel sujet, dit Pakenham sans lever tête de ses papiers et sans les inviter à entrer.

Robinson s’avança dans la pièce, suivi de son adjoint. Ils se présentèrent et demandèrent à Pakenham s’il voulait répondre à quelques questions. Ce dernier leva la tête et regarda les deux hommes toujours debout devant lui sans dire un mot. Finalement, il demanda brusquement.

— Des questions ?… Quel genre de questions ?

— Pouvons-nous nous asseoir ?

Sans attendre la réponse, Robinson s’assit dans l’un des fauteuils devant le meuble et Leclerc dans l’autre. Ce dernier sortit son carnet et son crayon de graphite sous l’œil médusé de Pakenham qui ne semblait pas en revenir de leur impertinence.

— Vous connaissez Michael Mooney ? demanda Robinson qui, pour une rare fois, attaqua franc du collier.

Pakenham reste encore une fois silencieux en les regardant alternativement. Il finit par admettre.

— Oui, bien sûr. C’est ce papiste catholique qui nous pourrit la vie, les protestants.

— Vous saviez qu’il était mort ?

— Évidemment !

— Vous ne l’aimiez pas beaucoup, je crois.

— C’est vrai… Comme la plupart des protestants de cette ville.

— Nous menons une enquête sur sa mort qui, comme vous le savez, fut odieuse.

— Oui… Un carcajou à ce qu’il semble.

— Non, pas du tout. Il s’agit plutôt d’un homicide par un être humain en chair et en os qui le détestait cordialement à voir l’état dans lequel on l’a trouvé.

— Ah bon !… Et en quoi cela me concerne-t-il ?

— Il vous aurait plusieurs fois pris en grippe dans ses articles de journaux, selon mes sources.

— Comme plusieurs autres, c’est bien connu… Et alors ?

— En ce qui vous concerne, il semble avoir été plus… Comment dire ?… Hargneux dans l’un de ses derniers articles.

— Je ne sais pas de quoi vous parlez.

— Bien oui… Rappelez-vous ? Voyons… Attendez… Leclerc, avez-vous cet article ? Mon adjoint est une vraie encyclopédie ambulante.

Leclerc fouilla dans sa grande besace pour en sortir l’article dont il avait lu l’extrait le matin même.

— Oui, voilà. Il y est dit qu’il « révélera vos secrets ». Savez-vous à quoi il faisait allusion ?

Le visage de Pakenham se rembrunit. Il fixa Robinson avec de petits yeux méchants et grogna,

— Que voulez-vous insinuer ?

— Peut-être que vous ne vouliez pas qu’il dévoile vos secrets.

— Vous êtes en train de m’accuser de l’avoir fait taire définitivement ? Mais vous êtes complètement fou, mon vieux !

Sur ce, Pakenham se leva d’un coup de son fauteuil, se déplia plutôt, car il était grand. Il prit son air le plus indigné et hurla presque.

— Je ne vous permets pas de porter de telles accusations… Sortez de cette maison immédiatement !

Robinson ne bougea pas, examinant Pakenham de son regard sévère. 

— Il faudra bien un jour que vous répondiez à mes questions, monsieur Pakenham.

Après un moment, il fit un signe à Leclerc qui remballa tranquillement son cahier et son crayon. Les deux hommes se levèrent en même temps de leur fauteuil. 

— Je ne vous permets pas, fulmina Pakenham. Ce n’est pas un petit fonctionnaire de votre espèce qui viendra ternir ma réputation. J’ai des relations très haut placées au cas où vous l’ignoriez. Je vous ferai ravaler votre arrogance. Je vous ferai perdre votre emploi, espèce de canaille. Allez… Sortez de chez moi…

Robinson et Leclerc reprirent le chemin de la sortie sans dire un mot. Le chef avait un petit sourire narquois lorsqu’il referma la porte derrière lui.

— Tu vois, Leclerc. C’est ce qu’on appelle « secouer le pommier ». Inévitablement, quelques beaux fruits mûrs vont tomber quelque part… et je serai là pour les ramasser.

La bonne attendait les inspecteurs dans l’entrée, leurs chapeaux melon dans les mains. Ils s’apprêtaient à franchir la porte lorsqu’ils entendirent une voix féminine les interpeller.

— Inspecteur !

Robinson se retourna et vit une grande femme près du magnifique escalier central. Elle était habillée d’une robe beige et brune à triples replis se terminant par des motifs en chaînons de la plus belle élégance. Le vêtement était cintré au corps et un simple bustier de dentelles de couleur assortie attaché au cou terminait l’ensemble. Des manches amples et généreuses lui tombaient sur les mains.

— Madame Sanders ?… Vous êtes l’amie de Mary Ann Mooney, n’est-ce pas ?… Que faites-vous ici ?

— Dans cette maison, je m’appelle Catherine Pakenham… pour le meilleur et pour le pire. 

— Vous êtes l’épouse de Monsieur Pakenham ?

La femme garda le silence, comme si la question n’exigeait pas de réponse. Ella ajouta plutôt.

— Pourrais-je vous parler ?

— Bien sûr, dit Robinson en s’avançant vers elle, laissant son adjoint et la domestique attendre près de la porte.

— Je me suis renseignée sur vous, inspecteur. Vous avez la réputation de toujours retrouver votre homme.

— Une réputation surfaite, je vous l’assure, madame.

— J’aurais une faveur à vous demander. Nous avions une jeune servante au manoir que j’aimais beaucoup. Or, elle nous a quittés abruptement il y a quelques mois sans donner de nouvelles. Je suis très inquiète de son sort.

— C’est tout à votre honneur, madame, de prendre soin ainsi de votre domestique. Ce n’est pas une chose courante chez les gens de votre rang.

— Je connais bien la réputation que nous avons concernant les domestiques. On dit de nous que nous les traitons mal, que nous abusons d’elles, que nous nous en débarrassons comme de vieilles chaussettes lorsqu’elles sont malades et qu’elles ne peuvent plus travailler. Mais en ce qui me concerne, j’ai toujours pris soin de mes servantes, je puis vous l’assurer. Ce sont des filles qui n’ont pas eu la vie facile avant d’arriver chez nous et c’est la moindre des choses de bien les traiter, ne croyez-vous pas ?

— Encore là, c’est tout à votre honneur. Mais, vous savez, nous ne sommes pas une agence de détectives. Nous nous occupons seulement des crimes commis sur le territoire de Montréal.

— C’est bien sûr. C’est pour cela que je vous le demande comme une faveur. 

— Vous ne pouvez pas faire appel à un détective privé ?

— Vous savez comme moi qu’il y en a très peu qui soient vraiment compétents. Ils n’en veulent qu’à notre argent. De plus, vous avez des ressources qu’un détective privé ne pourra jamais avoir.

— Oui, je comprends, madame. Écoutez… Je ne peux rien vous promettre, mais je vais au moins tenter de mettre un homme sur son cas. Quel est le nom de votre servante ?

— Nous l’appelions Phonsine, mais son nom véritable est Alphonsine Poulin.

— D’accord. J’en prends bonne note.

— Grand merci, inspecteur. Je vous en suis très reconnaissante.

Catherine Sanders-Pakenham enveloppât affectueusement de ses deux mains celle de l’inspecteur en lui disant au revoir et monta l’escalier dans un bruit de frou-frou en soulevant un pan de sa robe.

Robinson la regarda monter un moment, puis revint vers la porte, reprit son chapeau melon et sortit suivi de Leclerc.