Le 1er juillet 1867, jour même où le nouveau Dominion du Canada entre en vigueur, Robinson et Miss Dupuis retrouvent à Montréal un vieil ami de la famille, greffier de la couronne. Il vient de recevoir un télégramme de Sault-Sainte-Marie : un enfant ojibwé de douze ans est mort au terme d'un jeûne initiatique dans la forêt, et la police locale a déjà conclu à un accident.
Ce que le télégramme ne dit pas, c'est ce que cet homme porte depuis trente ans sans jamais le dire à voix haute : il est lui-même le petit-fils d'un grand chef ojibwé, et l'enfant mort appartenait à la famille de sa mère. Robinson et Miss Dupuis embarquent pour un voyage de quatre jours vers le lac Supérieur, sans savoir encore ce qu'ils vont y découvrir : un deuil de village, ou quelque chose de plus vaste que ce pays tout neuf préférerait taire.
« Est-ce qu'on peut faire examiner le corps ? Par quelqu'un de qualifié. »
« Y'a pas de docteur ici, Ermatinger. Vous le savez. Accident malheureux. Le dossier est clos. »
« C'est Ishkode. L'héritier du clan du Plongeon. »
Marcel Viau publie des romans historiques ancrés dans le Canada de 1850 à 1870, une époque où le pays cherchait encore sa forme, entre chantiers, tensions et silences officiels. L'enquête n'y est jamais absente, mais elle n'est pas le sujet : c'est le fil qui permet d'y entrer.
Deux détectives, Silas Robinson et Miss Dupuis, reviennent d'un roman à l'autre, toujours ensemble, jamais seuls. Le dernier enfant de Sault-Sainte-Marie se lit très bien sans avoir croisé les romans précédents.
Le dernier enfant de Sault-Sainte-Marie paraîtra ici même, un épisode par semaine, comme les romanciers du XIXe siècle publiaient les leurs dans les revues de leur temps.
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